Archives pour la catégorie Neuropsychologie

Prêt pas prêt, j’y vais !

Le petit dernier a 5 ans et il quittera la garderie sous peu pour aller à la maternelle. C’est une étape cruciale qui forgera l’attitude qu’il adoptera face à l’école. Il vaut donc la peine de l’aider à s’y sentir bien et ainsi favoriser son succès scolaire à venir. Pour ce faire, le parent doit lui-même présenter une attitude positive et avoir confiance en son enfant. Rappelez-vous que les activités qu’il pratique depuis son jeune âge visent d’ailleurs à le préparer à cette grande aventure par la stimulation de son développement moteur, langagier, social, affectif (autonomie/maturité) et par l’acquisition de connaissances. On sait aussi que le succès de l’entrée à l’école est facilité chez les enfants :
• qui ont fréquenté un programme préscolaire de qualité, qui sont plus matures et qui possèdent de bonnes aptitudes générales, comportementales et sociales,
• dont les parents sont sensibles à leurs besoins, qui les exposent à des activités stimulantes et dont la relation de couple est harmonieuse,
• avec qui l’enseignante et les camarades de classe établiront une relation positive.
Cette étape peut toutefois s’avérer plus difficile pour certains. Lorsque des difficultés sont connues avant l’entrée scolaire ou se découvrent après, l’intervention précoce contribue à l’amélioration du pronostic. Il ne faut donc pas hésiter à fournir à l’école tous les documents jugés utiles (compte-rendu de l’éducatrice, plan d’intervention du milieu de garde, rapports d’évaluation et d’intervention) et à collaborer avec l’équipe-école. Il ne faut pas non plus tarder à communiquer ses craintes et ses questionnements quant à la capacité de son enfant à satisfaire les exigences de son milieu scolaire.
Comme parent, nous pouvons aider à faciliter et à rendre plus agréable la transition de la garderie à l’école. Ceci peut se faire de plusieurs façons telles que d’aller jouer dans la cour d’école au cours de l’été, d’entretenir les liens d’amitié de notre enfant, d’adopter des routines qui le sécurisent et de favoriser son autonomie et sa responsabilisation en lui attribuant des tâches à réaliser seul (choix des vêtements, habillement, préparer la collation, faire le lit). On peut aussi lui expliquer le déroulement d’une journée de classe typique, l’impliquer dans le choix de ses effets (attention, ils doivent être adaptés à sa grandeur et à ses habiletés pour qu’il puisse les manipuler seul) et pratiquer avec lui les tâches qu’il aura à accomplir telles que de s’organiser avec son repas (quoi manger en premier, comment ouvrir les contenants) ou de gérer ses vêtements d’hiver. À la fin de l’été, une routine de sommeil devra être instaurée et ajustée au besoin. Elle pourrait être maintenue les fins de semaine, pour un certain temps du moins. Rappelons qu’un enfant reposé et bien alimenté est mieux disposé à communiquer et à être enthousiaste en situation scolaire. Par la suite, l’implication du parent demeure un facteur garant de succès et peut se faire en assistant aux rencontres prévues, en participant aux activités pédagogiques de son enfant, en s’intéressant à ses apprentissages et en partageant au quotidien un moment privilégié pour, par exemple, lui lire une histoire ou jouer avec lui.
Sur ce, faites confiance à votre instinct de parent et aux qualités de votre enfant. Profitez aussi de chaque moment avec lui, le temps passe si rapidement que demain, il sera déjà très grand ! Bon été et, surtout, bonne rentrée à tous !
Références et sources d’informations
Guide pour soutenir une première transition scolaire de qualité (2010), Gouvernement du Québec
Votre enfant entre à la maternelle (2009), Gouvernement du Québec
Préparation à l’école (2009), Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants :www.enfant-encyclopedie.com/preparation-lecole

www.prel.qc.ca

 

 

La neuropsychologie pédiatrique prend sa place

Dans un article publié en Mai 2014 dans la revue Psychologie Québec (volume 31 , no 03) le Dr Bruno Gauthier, neuropsychologue définit le caractère spécialisé de la neuropsychologie pédiatrique ainsi que sa contribution dans les domaines scientifiques, cliniques et de l’éducation.

Consultez l’article dans son intégralité en cliquant sur le lien suivant:

http://www.ordrepsy.qc.ca/pdf/Psy_Qc_Mai2014_Dossier_01_Gauthier.pdf

 

Le trouble du spectre de l’autisme : État des connaissances

 

Sous la direction de Nathalie Poirier et Catherine Des Rivières-Pigeon, cet ouvrage recense les écrits portant sur les plus récentes études ayant pour objet le trouble du spectre de l’autisme ou TSA. Il s’agit d’un outil de référence essentiel pour les intervenants travaillant auprès de cette clientèle ainsi que les familles. Plusieurs collaboratrices, dont Mme Leroux-Boudreau du Cime, ont participé à la rédaction de cet ouvrage colossal où sont abordés les thèmes suivants :

 

  • la nomenclature, l’étiologie, la prévalence et le diagnostic ;
  • les aspects liés à la santé physique et psychologique ;
  • la famille ;
  • les interventions auprès de la petite enfance ;
  • les milieux de garde éducatifs ;
  • le milieu scolaire ;
  • les défis de l’adolescence ;
  • la vie adulte ;
  • la reconnaissance des droits, les lois, les politiques et les orientations ministérielles.

 

Ariane Leroux-Boudreault, B.Sc.

Auteure du chapitre Les défis de l’adolescence

http://www.puq.ca/catalogue/livres/trouble-spectre-autisme-2431.html

 

Le trouble du spectre de l’autisme, nom compliqué d’un trouble complexe

 

Le trouble du spectre de l’autisme (TSA) est la nouvelle appellation de ce qui était anciennement désigné par les Troubles envahissants du développement (qui incluaient l’autisme et le syndrome d’Asperger). Le TSA est un trouble neurodéveloppemental dont la présentation et le niveau de fonctionnement sont très variables d’un enfant à l’autre. Malgré la diversité de sa présentation, ce trouble affecte systématiquement les habiletés sociales, la communication et le jeu imaginaire. Des atypies sont observées au niveau des intérêts qui sont peu diversifiés et des comportements. Les premiers signes sont généralement observables très tôt, avant les 3 ans. Entre autres, le développement du langage est souvent atypique, l’intégration à un groupe d’enfants peut être difficile, la tolérance aux changements et des transitions est souvent pauvre, des régressions peuvent aussi être observées au niveau des acquis (propreté, autonomie, langage) et le choix de jeux est très restreint et plutôt solitaire. Au niveau comportemental, l’enfant peut paraître trop calme par rapport à ses camarades ou, à l’inverse, être trop réactif par rapport à divers stimuli (bruits, proximité physique, textures…). Les parents et éducatrices notent souvent que l’enfant est différent des autres.

Une intervention précoce est souhaitable, celle-ci ayant un effet direct sur le fonctionnement de l’enfant à court et long terme. Il est fréquent que les parents consultent d’abord en orthophonie vu les atypies langagières ou en psychologie vu les difficultés comportementales. D’autres professionnels peuvent aussi aider au quotidien de ces enfants (psychoéducatrice, ergothérapeute, diététiste…).

Tous les enfants se développent à leur propre rythme, nous le savons bien, et les retards de développement ne sont pas tous indicatifs d’un trouble. Toutefois, lorsque les parents s’inquiètent du développement de leur enfant, le neuropsychologue s’avère être une référence fiable à consulter sans hésitation.

Références

Collège des médecins du Québec et Ordre des psychologues du Québec (2012). Les troubles du spectre de l’autisme, l’évaluation clinique: Lignes directrices, Montréal.

Mon enfant a la bougeotte, est-il hyperactif ?

 

Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble développemental de mieux en mieux connu. La cause, les symptômes, le diagnostic et le traitement ont d’ailleurs été abondamment étudiés dans les dernières années.

En effet, depuis quelques décennies, les connaissances sur ce sujet se multiplient. Actuellement, on estime qu’environ 5 à 10 enfants sur 100 (1 à 2 sur 20) en sont affectés et présentent les symptômes associés à l’une des trois formes possibles de ce trouble (Inattentif; Impulsif-Hyperactif; Combiné). Ce trouble étant, dans la plupart des cas, d’origine héréditaire, l’un des deux parents est porteur du trouble et l’a transmis à son enfant dans son bagage génétique. L’enfant présentant un TDAH est donc né avec ce trouble et les premiers symptômes apparaissent généralement dès le jeune âge. Toutefois, la plupart du temps, ce trouble n’est identifié que lorsque l’enfant est d’âge scolaire.

Bien que le TDAH ait été longtemps considéré comme un trouble de santé mentale, il s’agit plutôt d’un trouble neurologique impliquant une mauvaise communication des neurones (cellules du système nerveux) dans la région frontale du cerveau. Cette région est en effet responsable de la gestion de l’attention et des conduites. Toutefois, le cerveau n’atteignant sa pleine maturité qu’à la fin de l’adolescence, la maturation neurologique contribue à l’atténuation des symptômes avec l’âge.

Petits, ces enfants sont souvent plus maladroits et agités que les autres ne présentant pas ce trouble. Ils sont parfois plus colériques et impulsifs sans être volontairement méchants. Les parents de ces tout-petits sont régulièrement épuisés et dépassés. De plus, des retards développementaux y sont souvent associés (retards langagiers et/ou moteurs, maladresses sociales et/ou comportementales, retards dans l’acquisition des connaissances de base, etc.).

Une intervention précoce chez les enfants présentant ce trouble est généralement associée à un meilleur pronostic. Cette intervention doit se faire sur plusieurs plans et adresser systématiquement les secteurs problématiques (familial, préscolaire-scolaire, social, développemental, médical, etc.). Outre les traitements pharmacologiques, une guidance parentale est le plus souvent indiquée pour outiller les parents dans la gestion du quotidien de leur enfant. De plus, de saines habitudes de vie contribuent à mieux gérer les symptômes de ce trouble (sommeil, alimentation, activité physique, routine, etc.).

Dans tous les cas, si notre enfant a la bougeotte, il faut d’abord déterminer si ce comportement entraîne un dysfonctionnement dans ses activités de la vie de tous les jours. Si c’est le cas, il faut ensuite en déterminer la cause (stress, réaction à un changement, manque de sommeil, trouble médical, etc.) et si d’autres symptômes s’y associent. Une consultation auprès de son pédiatre et auprès d’un neuropsychologue spécialisé avec cette clientèle peut alors s’avérer pertinente. Toutefois, si ce comportement n’est pas problématique et que l’enfant qui bouge beaucoup fonctionne bien dans ses divers milieux de vie, on peut tout simplement continuer de surveiller son évolution et se rappeler qu’on a toujours intérêt à le faire participer à diverses activités physiques dans un environnement encadrant. Il faut se rappeler que les enfants ont besoin de bouger, peu importe leur âge !

 

Références

Bélanger, S. et autres (2008). Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité, Montréal, Chu de Sainte-Justine.

Monastra, V.J. (2005). Parenting children with ADHD, Washington, American psychological association.

Vincent, A. (2010). Mon cerveau a besoin de lunettes; Vivre avec l’hyperactivité, Montréal, Quebecor.

www.attentiondeficit-info.com